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Les Grands Dossiers de Diplomatie n° 62

Responsable des activités « Chine » à l’IFRI, Marc Julienne s’interroge sur la direction prise à l’heure du centenaire du PCC  – retour à l’idéologie, priorité au sécuritaire, regard révisé sur l’histoire, dérive néo-totalitaire – par un pays à la puissance et aux vulnérabilités jugées « préoccupantes ». Le contrôle de la population, dont il est en Occident souvent fait grand cas, est ici ramené des fantasmes aux réalités : la surveillance y est plus le fait des entreprises privées que de l’Etat, le crédit social plus administratif que technologique – et l’on peut s’interroger sur leur efficacité réelle -.  Si les trolls chinois ne sont pas une légende, le Parti communiste n’a ni la volonté ni les moyens de faire main basse sur les médias sociaux, dans le cadre d’une entente tacite autorités-population.

Ces deux chiffres lors des précédentes décennies ont arraché à la misère plus de 700 millions de personnes : la croissance économique chinoise, qui n’a que peu faiblie en 2020, est désormais fondée sur la demande domestique et l’autosuffisance technologique, mais suffira-t-elle à rendre le pays riche avant que d’être vieux, alors que la démographie est désormais son problème majeur ?  Un autre est la transition énergétique – impossible d’affronter sans la Chine le changement climatique -, vaste opportunité industrielle pour cette dernière, mais paradoxale : pionnière du véhicule électrique, de l’éolien, qui a installé trois fois plus de capacités solaires que l’Union Européenne… elle finance 70% des centrales à charbon dans le reste du monde. Ses villes intelligentes préfigurent, pour le meilleur et le pire, le monde numérisé de demain. Un nouveau code civil a vu le jour en 2021 et par milliers sont formés des juristes à la conception pragmatique et utilitaire du droit : le pays se veut par ailleurs puissance normative, qui investit les organismes mondiaux émetteurs de réglementations. La République populaire a ses talons d’Achille, dont une dépendance aux technologies de base, « problème caché le plus grave de la Chine », selon le Président Xi Jinping, dans la compétition pour la première place dans la course mondiale à l’innovation.

La Chine face au Monde

Malgré un soft power riche d’investissements dans médias et cinéma, sur la scène internationale, la portée et l’influence de son discours ne sont pas, estime-t-elle, à la mesure de son nouveau statut de puissance : les diplomates « loups guerriers » remporteront-ils la bataille des récits ? La fin du « doux commerce » est consommée avec des Etats-Unis en quête désespérée d’un adversaire à leur taille, afin de légitimer de colossaux budgets militaires et qui poussent les autres nations à s’interroger sur leur relation avec la Chine.

Dans le cadre de sa stratégie Indopacifique, Joe Biden bat le rappel de ses alliés pour une croisade  – que le Président Macron juge « contre-productive » – à l’encontre d’une Chine qui désormais déprise volontiers un Occident « ne représentant plus que 11% de la population du monde ». L’Asie du Sud-Est est le  terrain privilégié de la confrontation entre les Etats-Unis et cette Chine perçue de façon ambivalente, cherchant, dans le cadre de la Belt & Road Initiative 2.0, à arrimer la région à sa dynamique.

L’Europe centrale et orientale manifeste une déception face aux attentes placées dans la RPC, tandis qu’avec l’Union européenne, les contentieux sont multiples et croissants, ce dont témoigne la suspension de l’Accord général sur les investissements Europe-Chine. Les hommes politiques du vieux continent, en manque de vision, ont une difficulté croissante à trouver un équilibre entre intérêts et valeurs face aux pressions des médias, universitaires et autres ONG qui, tout dépourvus soient-ils de légitimité démocratique, entendent faire prévaloir leurs agendas…

En Afrique, la Chine développe une diplomatie économique offensive et directe et une relation de plus en plus financiarisée, alors que se diversifient domaines et niveaux de coopération. A l’endroit des conflits du Moyen-Orient, elle fait preuve d’un pragmatisme au service de ses intérêts, sécuritaires et économiques, de l’Afghanistan dont l’inquiète l’instabilité à la Syrie où elle semble la seule puissance capable de s’investir dans la reconstruction du pays. Les djihadistes ouïgours (5.000 selon les services de renseignement israéliens, de 10 à 20.000, familles comprises, selon d’autres sources) ne font pas mystère de leur désir de retour au Xinjiang cibler les Han. Ils demeurent pour l’instant sous protection d‘Al-Quaeda dans la région d’Idlib, cité dont le Parti islamique du Turkestan a activement participé à la conquête.

Loin de là, avec les nations d’Océanie, la lune de miel est finissante : procédure de divorce entamée avec l’Australie tandis que perdure un mariage de raison avec la Nouvelle-Zélande et qu’une relation extra-conjugale est entretenue avec les îles du Pacifique…

Bien pourvue budgétairement, la défense nationale est engagée dans une modernisation capacitaire, doctrinaire et institutionnelle, visant à disposer à l’horizon 2049 de l’une des meilleures armées au monde, capable de vaincre à l’heure de l’information. Dans le cadre d’une considérable intégration civilo-militaire, elle fait feu de tout bois : intelligence artificielle, calcul quantique, méga données, informatique en nuage, internet des objets… La façade maritime lui est désormais essentielle – la marine a triplé de taille en deux décennies, bientôt un troisième porte-avions tandis qu’une puissante milice maritime s’emploie aux opérations hybrides -,  et Taiwan demeure priorité politique et militaire. La pensée stratégique est très vivante, qui n’ignore rien des combats dans le domaine cognitif et théorise guerre de l’opinion publique, guerre psychologique et guerre juridique.

Comme à l’accoutumée, le dossier de Diplomatie est aussi riche que bien conçu. La revue gagnerait à conserver la recette qui fait son succès, écorné dans cette livraison par les articles consacrés à Xinjiang, Tibet, Taiwan et Hongkong, dus à des militants chercheurs, qui en rien ne se distinguent des sermons médiatiques ordinaires…

La Chine à travers les livres : avril 2021

Le jour où la Chine va gagner.

Dans l’univers anglo-saxon, meilleurs journaux et meilleurs services de renseignement – les Five Eyes[1] – dépeignent une Chine expansionniste, militariste, mantra essentiel du politiquement correct… tandis que les dirigeants savent que seule une déclaration formelle d’indépendance de Taïwan serait belligène et que la confrontation entre puissance dominante et puissance émergente ne pourra se régler militairement.  Dirigée par une antithèse de Donald Trump, une République populaire hantée par le chaos et d’où l’oppression n’est pas absente, est une puissance de statu quo, au gouvernement (si l’on en croit les enquêtes américaines) fort de la confiance de 84% des citoyens (33% aux USA et en France), qui ne considèrent plus au 21e siècle que leur salut réside dans l’imitation de l’Occident. Mais le postulat de la vertu fonde l’idée que l’Oncle Sam se fait de lui-même et de son rôle dans le monde, bien qu’il s’agisse du seul grand pays développé où le revenu moyen de la moitié la plus pauvre de la population ait stagné de 1980 à 2010.


[1] Five Eyes (FVEY) : alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis

La guerre sino-américaine nuit à tous les autres pays : contrainte ou corruption ne pourront les obliger à choisir un camp ou l’autre. La meilleure façon de favoriser l’émergence d’une société plus ouverte en Chine consiste non à lui faire la leçon… mais à encourager les Chinois à visiter le Japon et les décourager de voir la démocratie indienne (qui par ailleurs jamais ne deviendra un allié docile contre la Chine).

Un affrontement géopolitique majeur entre Etats-Unis et Chine écrit K. Mahbubani « est inévitable et évitable ». En mal de bouc émissaire, ayant « une attitude mais pas de politique » si l’on en croit le Wall Street Journal, les stratèges américains commettent l’erreur de croire que le communisme chinois menace leur démocratie, alors que c’est en fait le succès et la compétitivité de l’économie et de la société. La raison indique qu’il n’est pas de contradiction fondamentale entre les vrais intérêts nationaux des deux pays, sinon dans le domaine des valeurs, notamment politiques. Les Chinois pensent eux que besoins sociaux et harmonie collective sont plus importants que besoins et droits individuels, et que la prévention du chaos et du désordre est l’objectif premier d’un gouvernement. Leur pays ne deviendra pas une réplique politique ou sociale d’une quelconque société occidentale, libérale et démocratique.

Si l’affrontement entre les deux oppose une démocratie saine et souple à un système communiste rigide et intraitable, les Etats-Unis l’emporteront ; à l’inverse, s’il met en présence une ploutocratie rigide et intraitable et un système méritocratique sain et souple, la Chine gagnera. Les hommes, raconte K. Mahbubani, regardaient avec pitié deux tribus de singes continuant à se battre pour défendre leur territoire alors que la forêt brûlait. La question finale, conclut-il, sera de savoir non si Chine ou USA ont gagné, mais si l’humanité a gagné.

Une analyse aux antipodes exacts du prêche médiatique hexagonal, auquel de plus en plus se raccrochent des politiques en mal de vision. S’ils récusent un auteur qui a le défaut d’être asiatique et informé, peut-être pourraient-ils prêter attention à la préface, signée Hubert Védrine, d’un ouvrage que l’éditeur français a affublé d’un titre ridicule (l’original est Has China Won?). Le contexte de l’affrontement sino américain, écrit l’ancien ministre des Affaires étrangères, exigerait que l’Europe devienne machiavélienne, décide d’un moratoire sur l’immigration, s’affirme, revigore le lien transatlantique et maintienne avec la Chine des coopérations diverses et variées, afin d’éviter un choix binaire désastreux

Casting pour un tournage en mai 2021

La production Trésor Films recherche des hommes asiatiques (entre 18 et 60 ans) pour de la figuration dans la région de Clermont-Ferrand.

 

Les pratiquants de sports de combats, kyudo et autres arts martiaux ainsi que les cavaliers sont les bienvenus.

 

Rémunération 105 € (salaire brut )+ 25 € d’essayage (film d’époque). Contact dans l’annonce ci-jointe (cliquez ici)

Le sinogramme de l’année 2020

Le 23 décembre a été proclamé le « Sinogramme de l’année 2020 » pour la France, où les votants, particulièrement nombreux cette année, ont, au delà des difficultés, fait un choix reflétant l’espérance. Dans les jours qui viennent, devraient être connus les sinogrammes représentant 2020 choisis en Chine, Hongkong, Taïwan, Japon, Malaisie et Singapour où cette opération est également organisée.

Pour prendre connaissance du communiqué de presse, cliquez ICI

Stage au NIFC 2020

Le Nouvel Institut franco-chinois recherche un(e) chargé(e) de projet pour un stage rémunéré à compter du mois de septembre 2020.

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